Un paysan dans la ville
par remi, le 30/04/2009
Une démarche singulière, un sourire ravageur : Rémi le Gascon se livre sans chichis sur les projets qui l’animent.
Grand, châtain clair et plein d’allure, Rémi commande un verre de Ricard à la brasserie du coin, “What else, sinon un armagnac ?”. Sa différence se ressent, et son accent du Sud provoque immédiatement un sourire. Il explique y tenir, et le considérer “comme une marque de fabrique“. Il parle avec les mains, regarde dans les yeux, la timidité n’est pas vraiment un mot qui pourrait le caractériser ! On parlerait plutôt de spontanéité, de dynamisme. Son ami Eric, alias Rirus, le décrit comme un show-man : “Il parle fort et bien, c’est un bon orateur, un passionné”. Il n’y aurait donc pas de hasard. Rémi aime le théâtre, en écrit et en joue, “pour m’amuser et faire sourire, et bien que j’en joue officiellement très peu, c’est comme ancré en moi”. C’est donc son côté acteur qui reprend le dessus. Au fil de la conversation, son profil étonne, voire surprend. Sur son front, il n’est pas écrit : « sois beau et tais toi », mais plutôt « parle avec moi ». Entier, il semble l’être.
Ce grand jeune homme présente son parcours pour le moins atypique. Son regard s’anime d’une lueur de détermination et d’envie quand il s’agit de partager son expérience et ses rêves. Ayant obtenu une licence en stratégies de communication à l’ISTC de Lille, ce jeune homme “[se] découvre une âme de chroniqueur et d’animateur“ lors d’un semestre universitaire au Québec. Cette passion nouvelle le pousse alors à franchir les portes de Sciencescom, à Nantes, pour étudier journalisme audiovisuel et production.
« Je suis un excellent candidat pour un dîner de cons »
À 23 ans, son discours peut étonner. À travers le journalisme, l’écriture, la vidéo, et la télévision, “ce média total”, il aspire à “créer un lien entre urbanité et ruralité”. Il essaie d’être le plus clair possible pour nous éclairer, et ces termes sont son leitmotiv, car il en a “assez que le parisianisme dicte les contenus médiatiques”. Rémi insiste sur le terme “lien”, le ton de sa voix appuie sa détermination. Il assure que “Vivre à la campagne, connaître la nature, aimer le patrimoine d’ici et d’ailleurs, ce n’est pas être en dehors de la tendance”. C’est qu’à son sens, les médias reflètent “un manque d’authenticité”. Ainsi, ce Toulousain se considère comme un médiateur : “Je veux aller dans la Pampa pour discuter et rigoler avec les gauchos, caméra sous le bras. Montrer que l’humour, la beauté, les héritages sont partout”.
Regardant droit dans les yeux, ce personnage exprime sans prétention son désir d’allier nature et culture. La nature, il la connaît. Ayant passé son “enfance à la Pagnol” sur les coteaux de sa chère Gascogne, prédestiné à élever des oiseaux, il avoue avec humour demeurer “un excellent candidat pour un dîner de cons”, pour “parler piafs, traditions ou chasse à l’épieu”. Mais il n’est pas du genre à regretter quoi que ce soit ! Sa connaissance, c’est toute la densité de son discours. Ce qu’il veut “c’est faire vivre des choses aux gens, montrer l’envers du décor, dans un langage d’aujourd’hui, bien décalé, pas trop journalistique”. Rémi continue d’enrichir ses compétences et souhaite partir dès cet été pour une année entre Mexique “pour la culture latine et l’histoire richissime”, et Angleterre “où on sait rire de tout, même des traditions et de la nature”.
On lui souhaite bonne route, et surtout, de rester le même.
Amanda Kabuiku

