Réorganisez la foire aux projets !
par marc, le 02/12/2009
Nous entendons parler de projets en tout genre aux quatre coins de nos organisations. Tous ces projets servent-ils pour autant la productivité et la performance de nos entreprises ? Je pense que non… Dans ce cas, comment s’assurer du succès de chacun d’eux ? Un début de réponse dans cet article.
Aujourd’hui, les organisations commencent à prendre la mesure de la complexité et de l’évolution permanente de leur environnement (principalement externe). Le projet est devenu un moyen pour elles d’espérer de ne plus simplement subir ces évolutions mais de pouvoir être actrices de leur histoire et de façonner leur avenir à leur façon. Ainsi, les différentes directions de l’entreprise prônent la dynamique de changement perpétuel.
Et pourtant, tous ces projets ne rencontrent pas forcément le succès escompté. Pourquoi ?
Parce que les services sont de plus en plus hermétiques entre eux et oublient deux variables prépondérantes : l’expression des besoins des salariés et la cohérence d’ensemble. Que ce soit la direction informatique, celle logistique, la direction des Ressources Humaines ou même la direction générale, chacun y va de son projet “perso”.
Dans la plupart des cas, les « équipes projet » ne prennent pas bien en considération les attentes des salariés. Les directions sont souvent absorbées par leur cœur de métier, et, désireuses de déployer un outil novateur négligent les attentes et l’engagement des salariés. Voici donc arrivée la première variable.
Bien souvent, les services de communication interne sont sollicités en finalisation de projets pour orchestrer le lancement de l’outil et mettre en place ce que nous appelons « la conduite de changement ». Le communicant joue ici un rôle d’accompagnateur pédagogue, loin du processus de réflexion du projet lui-même.
Or, une récente étude réalisée par IBM[1] en interne a démontré que les causes des échecs des projets (dont des échecs massifs à 1.5 milliards de dollars) étaient attribuées à hauteur de 20% à des problèmes techniques, pour 20% d’entre eux à des problèmes d’organisation et les 60% restant au fait que les besoins des utilisateurs n’étaient pas bien compris.
La communication interne est une des seules fonctions de l’entreprise à bien connaître les besoins, freins au changement et surtout les contraintes des salariés (en temps, en matériel, en énergie, etc.) quelque soit leur corps de métier.
Dans ce contexte, ne pourrait-elle pas être intégrée en amont, dans la récolte et l’analyse des besoins des utilisateurs, pourvu que le projet concerne tout ou partie des salariés ?
Le rôle du communicant interne pourrait également être celui d’appréhender le projet de manière systémique dans l’organisation. Bien analyser les différentes parties prenantes et leurs interactions internes et externes. A partir du moment où le projet touche de près ou de loin au quotidien des salariés, la communication interne se doit d’intervenir.
Elle proposerait alors ses ressources et compétences au service d’un collectif. Et au delà de l’expression des besoins, elle veillerait ainsi à l’harmonisation des projets entre eux selon un même dénominateur commun : le projet d’entreprise.
Voici donc intervenir la deuxième variable.
La cohérence du tout est une condition sine qua none à la réussite de chaque projet.
Pour l’illustrer, je vous délivre une citation de Blaise Pascal : « Je tiens pour impossible de connaître les parties en tant que parties sans connaître le tout, mais je tiens pour non moins impossible la possibilité de connaître le tout sans connaître singulièrement les parties. »
Outre la contribution de la communication interne sur ces deux variables, elle devrait s’imposer comme le partenaire privilégié et indispensable dans la conduite de projet, de la phase de réflexion à celle d’accompagnement.
Et pas seulement dans un soucis de compétitivité , mais aussi et surtout dans un soucis d’amélioration des conditions de travail des salariés. Puisque ces derniers seront, à n’en pas douter, aux premiers loges dans la concrétisation et le lancement de ces projets.
Aux communicants internes de mettre de l’ordre et de l’harmonie dans cette foire aux projets …
[1] Source : Chiffres collectés par Joseph Goguel et repris par Eric Abrahamson et David H.Freeman dans leur livre “A perfect Mess”.








