La communication interne ou le « décomplexifiant » des organisations (2ème partie) - Marc Bramoulle

Marc Bramoulle


La communication interne ou le « décomplexifiant » des organisations (2ème partie)

par marc, le 27/10/2009

Chose promise, chose due. Je vous délivre maintenant les deux autres facteurs qui sont, de mon point de vue,  à l’origine de cette innovation organisationnelle… Innovation qui dessine l’entreprise de demain.

Le second facteur est le suivant ; l’explosion de l’information. Les nouvelles technologies, et la multiplicité des canaux de communication interne, sont au cœur de cette nouvelle organisation du travail . De ceux dits traditionnels comme le téléphone, le fax ou l’email aux nouveaux outils 2.0 comme les forums, réseaux sociaux, blogs de salariés, on voit bien qu’il est très facile d’interagir avec d’autres personnes quelle que soit leur localisation, leur fonction, leur département, etc.

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Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, toutes ces interactions ne sont pas seulement le fruit de nouveaux outils participatifs. Elles sont nées d’une volonté des salariés d’échanger, de collaborer, d’innover et se dépasser collectivement. C’est l’entreprise et le « monde » qui deviennent 2.0 et collaboratifs. Tous les outils qui en découlent n’en sont que la manifestation et le facilitateur.

Avec l’arrivée des jeunes de la génération Y qui cherchent à faire entendre leur voix, à prendre la parole et à communiquer avec « ceux qui leur ressemblent », l’entreprise fonctionnera de plus en plus en réseau et en mode participatif. Étant né en 1986, je pense être assez bien placé pour le savoir.

Les salariés, organisés en communautés[1] affectives (par métiers, par sites, par affinités, par catégories socioculturelles) vont alors sonner le glas des organisations hiérarchiques et matriciels.

Et la communication interne là dedans ?

Le manager devient le point de triage de l’information, essentielle comme futile. Or, c’est à la communication interne de réguler cette information et de décharger le manager de cette tâche. Si l’information est répartie de manière à ce qu’il n’y est ni pollution ni déperdition, les managers pourront se consacrer à leurs tâches premières qui ne sont pas, rappelons le, de faire suivre de l’information. Ainsi, le travail sur l’information représente aujourd’hui entre 20 et 60 % du temps de travail d’un cadre, soit entre un et trois jours par semaine. Reste à savoir comment éviter la pollution et la déperdition d’information. Vous le saurez en suivant les prochains épisodes…

Voilà arriver le troisième et dernier facteur majeur dans l’évolution du modèle ; l’éclatement des espaces de travail. Ainsi, on va voir croître le télé travail ou travail à domicile, les espaces suivant les usages (travail en groupe, individuel, méditation, etc). La communication interne devra organiser l’agencement des espaces pour maximiser la performance et l’efficacité des collaborateurs et de l’entreprise.

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Dans le modèle tayloro-fordien, l’espace reflétait la hiérarchie et l’organigramme. Les salariés étaient « fixés » à leur poste de travail. Les espaces respectaient la structure hiérarchique, très formelle.

L’espace représentera bientôt un vrai levier stratégique. Il permettra d’innover, d’attirer et de fidéliser les compétences, de renforcer les liens, d’accélérer les prises de décisions, de s’épanouir et in fine de travailler ensemble de manière sereine et efficace. L’espace sera également vecteur d’image, de cohésion et de partage de mêmes valeurs.

Le bureau standard disparaitra pour nous permettre de travailler partout. Il convient donc de repenser les espaces de travail afin d’offrir aux différents salariés nomades les conditions optimales pour travailler efficacement.

On peut aisément prédire l’éclatement physique de l’entreprise. Elle sera déstructurée car elle fonctionnera essentiellement en réseau. Même si nous n’en sommes pas encore là, du moins pas en France, beaucoup pensent que ce phénomène va se produire d’ici 5 à 10 ans .

Ainsi, d’après Laure Deschamps, journaliste nomade, là où nos aînés ont eu un travail au cours de leur vie, notre génération en aura 7 différents. Et nos enfants en auront 7 en même temps ! Nous vivons une époque importante dans notre histoire, le passage d’une organisation d’entreprise fermée à une organisation future ouverte basée sur le partage, la co-création, l’échange. Et c’est au communicant interne d’en être l’accompagnateur.

Certains vont jusqu’à affirmer que les entreprises qui ne pourraient ou ne voudraient faire évoluer leur mode d’organisation vers celui que je décris ici vont vers leur perte. Un choix va alors leur être proposer : persévérer dans les modèles qui ont fait leurs preuves il y a des années, à savoir les modèles scientifiques du Toyotisme et du Taylorisme ou emprunter le modèle qui marchera demain, celui du réseau et du collaboratif, celui de la Génération Y.


[1] Une communauté est un groupe de salariés réunis ensemble par un intérêt commun au travers d’un media interactif.

 



2 réponses sur “La communication interne ou le « décomplexifiant » des organisations (2ème partie)”

  1. Philippe GUILLAUME a écrit :

    Marc, ton post pourrait parfaitement illustrer la voie que nous avons choisie à Dassault Systèmes. Merci pour ton intérêt envers notre intranet pendant la remise du prix Intranet 2009 cegos.
    Ici, la communication interne a eu le meilleur rôle : promouvoir et mettre en place le modèle collaboratif dont tu parles. C’est à travers l’outil que j’ai développé que ce modèle a pris forme et que les salariés ont trouvé le besoin de partager et de communiquer au delà de leur organisation. L’outil a fait plus que faciliter le modèle; il a déclenché un vrai changement dans l’entreprise. Par ailleurs, la population la plus motivée dépasse largement la Génération Y. Chacun semble participer avec beaucoup de plaisir aussi grâce à un outil qui offre un excellent rendu du contenu et une large visibilité de l’information. Faire un beau post avec du contenu graphique dans un contenant très valorisant est un facteur clé du succès.

  2. sautour a écrit :

    Où la systémique inclut-elle la rentabilité dans ces billets? Sans jeu de mots.

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